Nous nous bornerons donc à acter comme il se doit les réticences de nos interlocuteurs, dans ce dossier qui parait donc décidément sulfureux et controversé.
Mais le débat reste ouvert et c’est bien volontiers que nous laissons la parole sur ce sujet à plusieurs personnalités autorisées, dont on lira séparément commentaires et appréciations.
Yves HURARD
René THISSEN, (PSC) Député Wallon
"Trop tôt pour se positionner"
Une fusion totale me paraît délicate. Un rapprochement est utile. Mais d’après Télévesdre, rien n’est fait. Il semble que des garanties soient obtenues pour le maintien de tous les services et de l’implantation à Verviers. Si c’est le cas, on pourra alors mettre en commun la gestion en terme de frais de fonctionnement et de projets élargis. Dans cette optique, l’idée peut se défendre puisqu’elle suppose alors que le patrimoine reste séparé et que le personnel soit maintenu à Verviers. Dans de telles conditions, personne ne peut être contre. Mais personne ne dispose non plus de la moindre garantie actuellement. Il est donc important de s’intéresser à l’évolution de ce dossier pour éviter de se retrouver devant le fait accompli.
Cela dit, il est trop tôt pour se positionner officiellement contre ce projet puisque son contenu exact n’est pas encore connu. Mais avant de prendre position, il faut voir ce que le système propose comme avantages et quelles sont les garanties de proximité données à la Chambre de Verviers.
Lors du débat télévisé, Arnold Gillet avait l’air d’y croire à fond. Il reste à connaître plus précisément les modalités du rapprochement sans attendre donc de se trouver devant le fait accompli.
Jean-Marie COLS, patron de "Didi Motors"
« Prendre la température de sa ville, c’est y rester… »
Hostile à la fusion, Jean-Marie Cols, le patron de Didi Motors, s’exprime à la lumière de son expérience à la tête de Federauto. Son appréciation tient compte également des spécificités de la mentalité verviétoise.
Acta Magazine : Quel est le rôle, selon vous, de la Chambre de Commerce de Verviers et sa position dans l'environnement socio-économique verviétois ?
Jean-Marie Cols : Le rôle de la Chambre de Verviers est à Verviers. On se fait membre pour être assisté et conseillé sur des sujets qu’on ne peut connaître à fond. La Chambre de commerce doit être au courant et refléter en priorité le courant verviétois.
Acta Magazine : Quel est le rôle, selon vous, de la Chambre de Commerce de Liège et sa position dans l'environnement socio-économique liégeois ?
Selon vous, occupe-t-elle la même position ?
Jean-Marie Cols : Ma position est la même par rapport à Liège. Chacun chez soi.
Acta Magazine : Monsieur Gillet a dit récemment qu'il ne fallait pas confondre verviétois et liégeois.
Qu'en pensez-vous ?
Pensez-vous qu'il existe une différence de mentalité entre les gens et dans la tradition industrielle des régions. Dans l'affirmative, cette différence serait-elle susceptible de rendre difficile l'efficience aux entreprises
Jean-Marie Cols : Il existe de grandes différences de mentalités entre les deux villes. Comment pouvoir les assimiler ? La Chambre doit se trouver le plus près possible de ses affiliés. La proximité est son but principal. Si j’interviens en tant que représentant de Federauto, je tiens à rappeler que Fegarbel et Comobel avons été réunis au sein du groupe Federauto. Nous avons été vraiment la seule fédération à tout mettre en œuvre pour conserver une antenne à Verviers. On voulait nous rattacher à Liège. Nous avons catégoriquement refusé.
Acta Magazine : Comment envisagez-vous la collaboration ?
Jean-Marie Cols : De quoi vit la Chambre sinon des cotisations de ses membres ? Aller vers une fusion dans ce contexte, c’est s’assurer que la nouvelle entité se situerait à Liège, et je vous garantis qu’ils perdront toute une série de membres. La Chambre doit être strictement au service des entreprises locales.
La nouvelle structure profiterait de Verviers pour se développer.
Je rappelle que la Chambre a un rôle d’assistance pour aider chacun de ses membres à se développer et non le contraire. En tant que porte-parole de Federauto, si demain la Chambre fusionnait sans maintenir une antenne à Verviers, ça ne correspondrait plus à ce que nous en attendons. Voici plus d’un an que notre fédération s’est associée à la Chambre pour bénéficier de son relais. On serait déçu si l’implantation à Verviers devait disparaître.
Ce que j’attends dès lors d’un rapprochement est un meilleur service, davantage de performance et de rapidité. Mais si demain l’antenne de Verviers devait fermer, ce serait une erreur fondamentale. Nous quitterions la chambre qui perdrait la totalité de nos membres.
Acta Magazine : Comment imaginez-vous la défense des intérêts locaux ?
Y a-t-il des parités prévues entre les intérêts de chaque région ? Une parité 50-50 ? Dans l'affirmative, une telle parité peut-elle être maintenue à long terme ?
Jean-Marie Cols : Sans vouloir critiquer, la mentalité du verviétois est très particulière. Il n’a déjà pas de racines profondes pour défendre sa ville. Il manque de chauvinisme. Au football, il applaudit l’équipe gagnante et siffle la sienne si elle perd. De plus, la ville n’est pas très attirante. On s’essouffle quand cinq individus travaillent pour tirer 95 moutons.
Il est bien de se réunir souvent ensemble dans sa ville entre acteurs locaux. S’il n’est pas inutile de développer à l’occasion l’interactivité, il faut d’abord essayer de se développer entre verviétois. Je reste convaincu qu’il y a encore des champs dynamiques à Verviers. Par exemple, en ce qui nous concerne, nous essayons de faire une semaine de l’auto pendant le salon de Liège pour le contrecarrer car, si le verviétois s’y rend, il achètera à Liège. L’inverse n’existe pas.
Il est déjà difficile d’organiser dans une seule corporation. Nous comptons 200 membres et nous sommes contents si 60 participent car les pantouflards sont nombreux. Il serait donc temps d’encourager d’abord une unité dans le commerce de Verviers qui vieillit, qui critique et qui s’endort ...
Mais si le rapprochement pouvait insuffler le même dynamisme, alors ce serait positif.
Acta Magazine : "Collaboration, rapprochement, fusion" : ambiguïté des termes ?
De quelle manière le projet d'avenir des 2 chambres de commerce peut-il être conçu ?
Jean-Marie Cols : La Chambre actuelle avait bonne réputation. Elle est très dynamique. Je ne suis pas sûr que c’est partout pareil. Un rapprochement n’est donc utile que s’il est positif. Il faut le refuser s’il est négatif. Déménager à Liège serait une vraie catastrophe. On se servira de l’apport des cotisations verviétoises pour développer Liège. C’est le pot de fer contre le pot de terre.
Certes, Monsieur Ciechanowski m’a un peu rassuré. Mais que ce soit rapprochement ou fusion, j’espère quand même que ce sera aux membres à décider en assemblée. Ce n’est pas à trois ou quatre personnes de décider seules de se rattacher à Liège. Si telle est son intention, je ne comprends pas Arnold Gillet qui affirmait sa sensibilité verviétoise.
Je trouve que la structure de la Chambre actuelle à Verviers est très bonne. Elle offre la panoplie de tous les services. Elle n’a pas besoin de Liège pour se développer. On ne peut donc envisager le rapprochement que s’il s’agit de développer par exemple l’informatique, consolider les performances et certains services.
Je vois plutôt un rapprochement avec Eupen. Les mentalités sont similaires et des synergies existent déjà entre Verviers, Welkenraedt et Eupen.
Il faut 9 km pour se rendre à Eupen et 40 pour aller à Liège. Il faut sortir de Verviers et rentrer dans Liège. Je vois mal le verviétois quitter sa ville pour assister à une réunion en soirée à Liège. Prendre la température de sa ville, c’est y rester ! ...
Dany SMEETS, député wallon
"Small is beautiful"
Un projet de fusion des Chambres de Commerce de Liège et de Verviers ne réjouit pas a priori le groupe régional ECOLO de Verviers. L’OFI, l’AWEX, l’UWE, la SPI+ et d’autres organismes de ce niveau bénéficient déjà des avantages d’une taille critique, à dimension régionale. Pourquoi dès lors créer une espèce de gros pôle liégeois, qui aurait tendance à s’opposer à un pôle hennuyer par exemple ?
Comme la Communauté germanophone, l’arrondissement de Verviers a sa micro-culture, héritée du passé, de la crise vécue avant l’heure, de son tissu de petites entreprises. Ce territoire présente également ses caractéristiques propres, forêts, grands lacs, espaces verts, frontières avec la Hollande et l’Allemagne, voire le Luxembourg. Même s’il doit s’interconnecter avec le monde et les régions voisines, Verviers a besoin d’un projet économique qui respecte son originalité, ses habitants, et pas qui vient en apport comme une grande banlieue verte au pôle qu’essaye de (re) devenir Liège. Une vision aussi large du territoire ne peut qu’accentuer la tendance d‘un développement économique équilibré uniquement sur une carte, enivrant dans les statistiques, mais anarchique sur le terrain, avec des zones invivables où se concentre l’activité économique, une extension du bâti dans les zones plus calmes, des personnalités qui décident dans des bureaux de plus en plus éloignés des aspirations des habitants.
Pour l’économie comme pour la politique, la proximité avec la population, la connaissance du terrain aide à prendre les décisions les plus humaines, à concevoir le développement durable. Et si le commerce et l’industrie verviétois sont incapables de le faire à eux seuls, je ne vois pas ce qu’ils gagneront à fusionner avec Liège. Souvent, small is beautifull. Mais que fait donc le Forum des Forces Vives ?
Pierre-Yves JEHOLET (PRL), Chef de Cabinet Adjoint du Ministre Reinders
"Rapprochement oui ! Fusion non !"
Nous sommes favorables à une synergie et une collaboration entre Chambres de commerce et d’industrie. Mais le passage à la fusion est un pas que nous ne souhaitons certes pas franchir en tant que verviétois. Pour différentes raisons dont l’intérêt du personnel et les spécificités verviétoises à mettre en évidence. D’importants dossiers vont voir le jour dans lesquels la Chambre de Commerce à un rôle à jouer : la relance du thermalisme, la gare de l’ouest, ou Verviers technopole de l’eau.
Mais plus généralement, il serait peut-être bon à Verviers de rassembler les forces politiques, économiques et sociales et de faire l’inventaire de ce qui existe pour tirer ensemble dans la même direction. Le Forum des Forces Vives ne fonctionne pas comme il devrait. Nous ressentons au PRL un manque d’unanimité au niveau verviétois, alors qu’il faut rationaliser les différents outils économiques et politiques et associer tous les acteurs à la discussion.
Dans le cas précis de la Chambre de Commerce de Verviers, nous sommes d’accord pour un rapprochement en terme de renforcement des synergies et de collaboration sur le plan qualitatif. Mais que Verviers disparaisse, c’est non, car la Chambre conserve plus que jamais sa raison d’être dans l’approche et le développement de grands projets ambitieux pour la région.
Du côté d’Eupen
Tant le président que le directeur de la Chambre d’Eupen ne souhaitent pas s’exprimer sur ce sujet, considérant qu’il s’agit d’une affaire interne aux responsables des deux chambres qui ont sans doute leurs raisons pour envisager ce rapprochement. Dont acte.
Arnaud VANDERMEULEN, Président de "Verviers New Shopping"
« Rares sont les rapprochements qui ne finissent pas par une fusion »
En sa qualité de président de Verviers New Shopping, directeur de la société ABACAB et patron de la boutique Christian, à Verviers, Arnaud Vandermeulen apporte aussi sur la question une appréciation toute en nuances. Selon lui, la Chambre de Commerce est un outil précieux et performant que les commerçants n’exploitent pas suffisamment, et qui joue donc un rôle prépondérant à préserver au niveau verviétois.
Acta Magazine : Quel est le rôle, selon vous, de la Chambre de Commerce de Verviers et sa position dans l'environnement socio-économique verviétois ?
Arnaud Vandermeulen : C’est un bel outil pour élargir sa zone de chalandise. J’avais besoin d’adresses de sociétés françaises pour élargir mon marché, j’ai fait appel à la Chambre.
Il en va de même pour obtenir les traductions, nécessaires à une approche de marchés germanophones ou anglophones, par exemple. La Chambre dispose des services et des compétences requises à Verviers.
La Chambre de Commerce est donc au service de ses membres, mais n’importe qui peut faire appel à ses services. Vous souhaitez savoir comment faire pour déposer un brevet ? Vous trouvez en direct la bonne adresse au bon endroit.
Les commerçants verviétois se servent hélas trop peu de la Chambre de Commerce et il faut le déplorer.
Acta Magazine : Monsieur Gillet a dit récemment qu'il ne fallait pas confondre verviétois et liégeois.
Qu'en pensez-vous ?
Pensez-vous qu'il existe une différence de mentalité entre les gens et dans la tradition industrielle des régions. Dans l'affirmative, cette différence serait-elle susceptible de rendre difficile l'efficience aux entreprises
Arnaud Vandermeulen : On utilise davantage les ressources de la Chambre à Verviers que sur Liège, où les renseignements risquent de passer plus difficilement.
On voit que tout s’en va. Toutes les institutions nationales quittent Verviers et partent sur Liège. Il n’y a sans doute que les multinationales pour s’en tirer sans problème. Mais que feront les commerçants si la Chambre de Verviers déménageait ?
Si son implantation quitte Verviers, il est clair qu’ils n’iront plus du tout consulter la Chambre de Liège. Et pour ce qui nous concerne, tout passera alors par l’échevinat du Commerce.
Acta Magazine : Comment envisagez-vous la collaboration ?
Arnaud Vandermeulen : Il n’est pas évident d’avoir un avis tranché sur la question. Voici seulement quatre ans que j’adhère à la Chambre. Je fais fabriquer des ponchos publicitaires, des vêtements de pluie imprimés recto verso. Je cherchais une entreprise susceptible de les fabriquer. Si la Chambre n’a pas trouvé, elle a au moins fait l’effort de rechercher.
J’ai également une boutique de prêt à porter et je dois dire que la Chambre de Commerce est pour moi un outil de travail ponctuel vraiment intéressant. Certains travaillent peut-être avec elle tous les jours.
On peut donc craindre un rapprochement qui ne serait que le début d’une fusion avec, à la clé, vraisemblablement un personnel qui fera double emploi. A terme, on peut donc craindre des licenciements.
De plus, j’ai l’impression qu’une entité fusionnée travaillera d’abord pour Liège, et après seulement pour Verviers. Si un outil comme la Chambre existait à Theux et décidait de se rapprocher de Verviers, tout finirait par se situer à Verviers. C’est logique et compréhensible.
Je constate que rares sont les rapprochements qui ne finissent pas par une fusion. Et c’est ce qui risque d’arriver, si même il s’agit seulement pour l’instant de supputations.
Léo LESUISSE, Directeur de l'Ardenne Prévoyante
« La Chambre de Commerce et d’Industrie appartient à ses membres »
Avis autorisé s’il en est, celui de Léo Lesuisse, ancien Président de la CCIAV, éclaire utilement le débat. Les réponses de notre interlocuteur ont le mérite de la clarté et reflète une certaine sagesse dans la perception de cette difficile problématique.
Acta Magazine : Quel est le rôle, selon vous, de la Chambre de Commerce de Verviers et sa position dans l'environnement socio-économique verviétois ?
Léo Lesuisse : Le rôle de la Chambre est de dynamiser le commerce et l’industrie de la région verviétoise. Elle s’acquitte de cette tâche avec beaucoup d’efficacité et occupe une position enviable dans le paysage socio-économique de sa région.
Acta Magazine : Quel est le rôle, selon vous, de la Chambre de Commerce de Liège et sa position dans l'environnement socio-économique liégeois ?
Selon vous, occupe-t-elle la même position ?
Léo Lesuisse : La Chambre de Commerce de Liège remplit une mission similaire, avec un enracinement aussi performant dans sa région.
Acta Magazine : Monsieur Gillet a dit récemment qu'il ne fallait pas confondre verviétois et liégeois.
Qu'en pensez-vous ?
Pensez-vous qu'il existe une différence de mentalité entre les gens et dans la tradition industrielle des régions. Dans l'affirmative, cette différence serait-elle susceptible de rendre difficile l'efficience aux entreprises
Léo Lesuisse : On est commerçant et industriel de la même façon à Liège ou à Verviers. Mais il peut effectivement exister des conflits d’intérêt. Je viens par exemple d’entendre à la radio que le commerce de Belle-Ile à Liège s’inquiète de l’implantation d’un outlet-mall à Verviers, même de plus petit gabarit que celui prévu au départ. Cela dit, ce type de compétition peut se manifester de la même manière avec Hasselt.
Un partenariat fonctionnait déjà avec Liège et Eupen. Rien de neuf donc à ce propos. Si Verviers initie une activité qui peut être utile pour Liège et Eupen, on peut en parler pour le faire ensemble.
Il ne peut pas être question de fusion tant qu’à présent. Il faudrait pour ce faire que le Conseil d’Administration ait reçu un mandat expressément pour négocier une fusion. A ma connaissance, aucune assemblée générale n’a mandaté qui que ce soit pour agir en ce sens. Ce serait une faute grave de parler de fusion à l’heure actuelle.
Pour ma part, je ne me vois pas négocier une fusion pour ma compagnie sans le mandat d’une assemblée générale de mes actionnaires. C’est un abus de pouvoir.
Cela dit, en ma qualité de président honoraire, je suis en principe conseiller de la Chambre de Verviers. Mais je n’ai jusqu’ici rien entendu d’officiel en la matière.
C’est pourquoi j’avoue ne pas être en mesure de me prononcer dans un sens ou dans l’autre. Il faudrait connaître le dossier et les raisons. Il ne peut y avoir eu de discussions visant à aller vers une fusion sans l’assentiment des membres de l’Assemblée Générale. Ce serait inconcevable. On ne discute pas de la disparition d’une société sans en avoir informé les membres. Je les crois bon gestionnaires de leur propre entreprise et attachés tant que moi à l’industrie locale et au développement de Verviers.
Je ne pourrais pas concevoir que des gens de cette qualité aient évoqué cela sans avoir reçu un mandat de l’assemblée.
Acta Magazine : Comment envisagez-vous la collaboration ?
Léo Lesuisse : La constitution de l’Europe a fait disparaître les frontières. Beaucoup de fusions sont intervenues dans les milieux financiers. ll peut donc être question d’une réflexion en ce sens, mais pas de décision sans avoir informé les membres des éventualités et possibilités qui s’offrent à la Chambre sans le couvert du mandat de l’Assemblée Générale. Dans une entreprise privée, un administrateur qui parlerait à l’extérieur sans avoir de mandat serait en situation d’abus de pouvoir. Je me refuse à penser cela tant que je ne suis pas mieux informé. Pour l’instant, c’est un bruit et je ne dispose de rien d’officiel. De plus, aucun mandat ne m’autorise à interpeller la Chambre à ce propos ou à demander isolément des comptes.
Acta Magazine : Comment imaginez-vous la défense des intérêts locaux ?
Y a-t-il des parités prévues entre les intérêts de chaque région ? Une parité 50-50 ? Dans l'affirmative, une telle parité peut-elle être maintenue à long terme ?
Léo Lesuisse : Pour ma part, je n’ai jamais voulu être une belle-mère et je ne joue plus un rôle actif dans la Chambre. Depuis la disparition des frontières, la Chambre a perdu une série de tâche d’identification vers l’extérieur. Penser cela ne serait peut-être pas sans fondement mais il faut une réflexion en profondeur. Il faut savoir garder une autonomie d’action à Verviers par rapport à Liège. Je dis que ce n’est pas impossible à obtenir. Des exemples positifs sont à mettre en évidence dans le cadre de certains fusions. Lorsque la Royale Belge a été reprise par Axa France, j’étais concerné en première ligne avec l’Ardenne Prévoyante. Nous sommes parvenus à fusionner en sauvegardant nos intérêts respectifs. On doit donc pouvoir réaliser cela aussi.
Un partenariat très poussé avec la Chambre d’Eupen a été initié à l’époque de ma présidence et je suppose qu’il se poursuit. J’avais une relation plus proche avec Eupen qui à l’époque de ma présidence avait un dynamisme plus important que Liège. Dans le cadre de l’Euregio, Eupen et Verviers ont été les moteurs d’une impulsion qui s’est développée avec Mr Weicker. A ce moment, je me suis fort impliqué dans la société Edicover (n.d.l.r. : filiale de la CCIAV – société d’édition du « Bulletin Social ») que j’ai présidée pendant quelques années. Nous avons trouvé les fonds pour acheter le bâtiment de la rue Renkin qui appartient à la Chambre et dont le propriétaire juridique reste Edicover.
La Chambre de Verviers a de bonnes ressources. C’est sa particularité par rapport à d’autres Chambres. J’ai initié cette évolution relayée par Mr Weicker. La bonne situation vient de cette époque .
Acta Magazine : "Collaboration, rapprochement, fusion" : ambiguïté des termes ?
De quelle manière le projet d'avenir des 2 chambres de commerce peut-il être conçu ?
Léo Lesuisse : Je suis incapable d’émettre un avis sur le devenir de la Chambre sans connaître le dossier. Mais je répète qu’il ne faut pas ne fût-ce que commencer une négociation de fusion sans obtenir préalablement l’avis des membres de la Chambre. La Chambre de Commerce et d’Industrie appartient à ses membres, à la région verviétoise et à personne d’autre, pas même à un conseil d’administration. Le devoir d’information doit être respecté et je veux croire qu’il l’est, mais fondamentalement je n’en sais rien. Jusqu’à preuve du contraire, je considère cette rumeur comme non fondée. Dans le cas contraire, il faudrait parler d’abus de pouvoir et en tirer les conclusions qui s’imposent.