1. Principe de base : Réajuster la situation du sujet vis à vis du monde extérieur ou de rétablir une communication avec celui-ci quand il n'y en a plus. On distingue trois catégories de psychothérapie :
· La suggestion
· La catharsis = le rappel des émotions refoulées
· La narco analyse qui permet au sujet de modifier sa personnalité en réfléchissant lui-même à ses conflits et en modifiant ses mécanismes de défenses.
2. Traitement des troubles : Psychosomatiques, effectifs, caractériels ou névrotiques par une action essentiellement psychologique. Exemple d'un type d'image archaïque traitée en consultation par Mme Guerin :
Le directeur commercial : "Ma secrétaire est une vraie gourde"
La psychologue : "Pourquoi la gardez-vous ?"
Silence
La psychologue : "En quoi est-elle gourde ?"
Le directeur commercial : " Elle ne sait pas s'habiller et ne se maquille pas"
La psychologue : "Pourquoi ne lui dites-vous pas ?"
Le directeur commercial : "Je n'oserai pas et j'aurai trop peur qu'elle se vexe"
La psychologue : "Parlez-moi de votre mère"
Le directeur commercial : "Elle était gentille"
La psychologue : "Etait-elle coquette ?"
Le directeur commercial : le ton de sa voix change et avec colère répond : "Mon père aurait voulu une femme qui sache s'habiller. Chaque fois que nous étions invités, mon père râlait après ma mère. Ma mère ne faisait aucun effort pour plaire à mon père. Chaque fois c'était la crise et maman finissait par pleurer"
La psychologue : "Et vous, comment viviez-vous ça ?"
Le directeur commercial : "Mal. J'étais en colère contre ma mère qui ne faisait aucun effort pour plaire à mon père."
La psychologue : "Et c'est la même colère que vous avez envers votre secrétaire ?"
Après la prise de conscience que sa colère contre sa mère n'avait pas été évacuée, le patient a pu dans un travail émotionnel revivre cette colère et l'exprimer en thérapie à sa mère, et de la même façon, évacuer sa colère contre sa secrétaire. Et apprendre à communiquer et à exprimer son besoin.
Résultat du travail sur son comportement : il a pu exprimer à sa secrétaire, combien il était content de ses services, qu'il n'avait pas toujours le temps de la remercier pour sa collaboration = "respect de l'autre = je te reconnais". Et dans la conversation, il a pu glisser cette phrase : "J'ai remarqué que vos tenues sont bien sobres. Ne croyez-vous pas que pour une jeune femme de votre âge, des couleurs plus gaies seraient plus appropriées et qu'un peu de fard à joue vous donnerait plus d'éclat." Trois mois après, la secrétaire avait changé son apparence = reconnaissance - plaisir de vivre.
Exemple de situation d'échec ou de réussite selon sa motivation et son comportement.
Une société fabricant des T-shirts envoie deux représentants dans un endroit reculé d'Afrique.
Rapport du premier représentant : "Pas de marché possible dans ce pays. Ils vivent à moitié nus. Je rentre par le premier avion."
Rapport du deuxième représentant : "Marché formidable dans ce pays. Ils vivent tous à moitié nus. Envoyez d'urgence un lot de 500 boîtes".
Il y a une certaine manière de voir les événements et les gens qui entretiennent l'énergie, l'enthousiasme et la motivation. C'est la vision des choses qui détermine le comportement et l'action d'un individu face à chaque événement
Extraversion et introversion selon Carl Gustav Jung
Il y a très longtemps que l'observation à permis de classer les hommes en deux catégories tranchées. "Il y a, nous dit Platon, dans ses études morales et politiques, les gens aux mouvements rapides et violents, qui s'opposent aux personnes réservées et tranquilles. Les premiers se caractérisent par le courage et c'est la partie "irascible" qui prédomine ; les autres se distinguent par la mesure, la sagesse et la prudence".
L'un chez qui la tendance à l'activité est forte et la tendance à la réflexion est faible ; l'autre chez qui le penchant à la réflexion domine, tandis que la tendance à l'action est plus faible. Entre ces deux extrêmes, il y a d'innombrables nuances. On distingue les types subjectifs et les types objectifs. Les premiers sont tournés vers eux-mêmes, les seconds vers le monde extérieur. Ces deux types d'attitude reposent sur un conflit entre le conscient et l'inconscient des sujets. C'est l'aspect essentiel de cette différenciation typique entre les hommes, à savoir leur attitude ou orientation différente par rapport aux deux pôles essentiels de la conduite : le monde et moi = introversion et extraversion (termes jungiens).
Le type extraverti
Sa conscience tout entière regarde vers l'extérieur parce que c'est toujours de là que lui vient la détermination importante et décisive. Les personnes mais aussi les choses le captivent. Il n'a d'autre prétention que de remplir les conditions objectivement fixées. Il fera ou exécutera ce dont son entourage aura momentanément besoin, ce qu'on attendra de lui. Les dangers de l'extraversion : le refoulement du moi profond. On de pense qu'aux nécessités venues de l'extérieur et on néglige celles qui viennent du moi profond. Les prétentions inconscientes du type "extraverti" ont un caractère nettement primitif, infantile et égoïste. Parfois les exigences de l'inconscient parviennent à entraver l'action consciente au point de la détruire : on ne sait plus ce que l'on veut, on n'a plus envie de rien ou bien on veut tout à la fois, on désire trop de choses et les choses impossibles à réaliser.
Le type introverti
Chez l'introverti, il se glisse, entre la perception de l'objet et sa propre action, une opinion personnelle qui empêche l'action de prendre un caractère correspondant à la donnée objective. Un introverti dirige ses énergies vers le dedans. Cela ne signifie nullement qu'il se coupe du monde. Mais il communique avec lui au moyen de sa "vision" intérieure. Il estime que chaque être humain est totalement original et exceptionnel. Finalement, cela revient à dire qu'on ne peut "classer" les individus selon ces deux attitudes. Chaque organisme humain comprend ces deux pôles ; l'un ou l'autre fonctionne selon les circonstances.
Geneviève Guerin
En quelques mots … de Pierre Daco
La réussite : Les critères de réussite sont généralement sociaux, plus rarement moraux. Ils ne sont quasi jamais affectifs.
L'échec : L'échec passe pour être le contraire de la réussite. Mais comme personne n'en est sûr, on applique le code binaire avec d'autant plus de détermination. On réussit ou on échoue. "Pas de demi-mesure". Mais celui qui va son propre chemin, qui ne "réussit" ni n ' "échoue" selon les critères habituels, qui trace sa route largement et sans bavures, est généralement considéré comme étant d'aptitudes moyennes.
Le complexe d'échec : Le complexe d'échec est extrêmement répandu. Il consiste à rechercher inconsciemment tout ce qui peut apporter l'échec. Ce complexe engendre le misérabilisme. Celui qui en est atteint poire sur lui le poids du monde. Il va de soi que la chance passera mille fois près de lui sans qu'il s'en aperçoive. Le complexe d'échec ne provoque pas la malchance, mais il conduit au refus de la chance. Et croire à la chance signifie, finalement, croire à la vie.
Finalement : Les termes réussite ou échec ont-ils finalement un sens ? Toute réussite et tout échec font partie de la généralité des circonstances. Toutes les circonstances rejaillissent l'une sur l'autre de façon permanente.
N'est pas toujours épave celui que l'on croit*
Certaines expressions traduisent la réussite humaine : - faire une belle carrière ; tout sacrifier à sa carrière ; travailler comme un fou ; être fier d'abattre une considérable quantité de "boulot" ; être fier de n'avoir pas un instant à soi ; prendre du travail à ne savoir qu'en faire ; etc.
Voici un homme "accablé de travail". Il a fait une "carrière splendide" (purement sociale, bien entendu). Bien que très riche, il continue d'étendre ses affaires. Il en est arrivé à une sorte d'opulence imbécile (le mot est de Roszak). Il ne parvient pas à voir sa femme et ses enfants avant minuit, et il en est fier. Ses dimanches se passent à l'examen de dossiers. A côté de ces forçats du travail, voici l'extrême opposé : un clochard. Mais qui est réellement l'épave ? Les Kamikazes du Travail ont la vie dure, mais on peut espérer que l'espèce et en voie de disparition. Encore que, beaucoup de livres ou de films continuent des valoriser. "Tout sacrifier à sa carrière" est une expression qui devrait être rayée du vocabulaire humain. Pour prendre un exemple, un homme comme "Rivière" dans Vol de Nuit de Saint-Exupéry deviendra sans doute un archaïsme absurde. La valeur de la personnalité devra remplacer la valeur sociale et financière. L'argent qui ne devrait être qu'un moyen de se réaliser, n ' est-il pas devenu "le fric ?" Notons en passant que celui-ci peut donner le pouvoir à chacun, même aux sots, aux imbéciles, voire aux criminels. Et que deviendraient les feuilletons télévisés si ce "fric" n'était plus le moteur essentiel des scénarios ? "Tout sacrifier à sa carrière" est un excellent moyen de démissionner de soi-même, et de balayer ses responsabilités sociales et familiales. Il est vrai - disait Freud - que le bonheur n'a toujours pas de valeur culturelle…Et comme déjà dit, s'il existe des médailles pour ceux qui réussissent socialement, il n'en est aucune pour ceux qui réussissent intérieurement, puisque la valorisation du travail s'est faite au détriment de la réalisation de soi. Alors qu'il faudrait arriver un jour à la réalisation de soi par un travail qui ressemble profondément à ce qu'on est.
Dans nos sociétés, nous sommes obligés, très jeune, de choisir un but. Mais neuf fois sur dix, on ne choisit rien du tout. Il est impossible de "choisir" à dix-huit ou vingt ans, alors que des centaines de potentialités commencent à peine à se dessiner. Dans nos sociétés, le but est toujours linéaire. La voie doit être droite comme un rail. Il s'agit, paraît-il, de "mériter" sa vie, non de la réussir. Cela signifie qu'il faut s'engager, une fois pour toutes et de façon souvent irréversible, dans une vie spécialisée qui empêchera toute vision globale de l'existence. Tout dépend évidemment de la qualité et de la profondeur des motivations, et de la ressemblance entre son métier et soi-même. Encore faut-il savoir ce que l'on est. De plus, huit hommes sur dix sont identifiés à leur travail. Ils sont leur travail. Leur histoire est celle de leur travail ! On peut alors se demander ce qu'ils sont en dehors de lui ?
* Pierre DACO Les voies étonnantes de la nouvelle psychologie éd. Marabout